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Bonjour Madame, Monsieur,
Mon nom est Véronique Ferland, j’ai trente deux ans et depuis ma naissance je suis atteinte de fibrose kystique. Je vous écris pour vous remercier du soutien financier que vous apportez à moi et ma famille.
Malgré cette maladie évolutive, pendant trente ans, ma vie fut paisible et quasi normale. Parsemée ici et là de périodes d’hospitalisation. Cela ne nous a pas empêché, à mon mari et moi, de réaliser notre rêve : fonder une petite famille. Nous sommes maintenant les heureux parents de trois beaux enfants.
Ces deux dernières années, mon état de santé s’est détérioré. En avril 2006 une infection grave est venue assombrir notre quotidien. Depuis, je suis contrainte de vivre avec de l’oxygène 24 heures sur 24. Mes capacités et activités se sont vues réduites, au point de devenir totalement dépendante des autres pour subvenir à mes besoins. Mon mari a dû cesser de travailler pour devenir un aidant naturel et m’accompagner dans mes nombreux rendez-vous à l’hôpital. J’ai aussi dû me résigner à la solution inévitable : une double transplantation pulmonaire.
Depuis plus de huit mois, je vis à l’hôpital sous étroite surveillance, afin de maintenir mon état stable jusqu’à la transplantation. J’ai fait quelques séjours à la maison, mais à chaque retour j’étais épuisée et je perdais mes forces.
Cette attente loin de chez-moi, à plus d’une heure et demie de route, a des répercussions sur toute ma famille, tant sur le plan émotif que monétaire. Je veux bien attendre mes nouveaux poumons et garder le moral, même si mon état se dégrade petit à petit. Mais il y a des choses qui ne peuvent attendre, comme les obligations financières et familiales.
L’argent que je reçois de la Fondation défraie les coûts de garde de mes enfants. J’ai la chance d’avoir ma sœur pour les accueillir à la maison cinq jours semaine. Elle prépare les repas, les aide à faire leurs devoirs; ce qui permet à mes enfants de vivre ensemble cette attente le mieux possible, dans un environnement familial, tout en gardant une stabilité dans leurs activités et accompagnés d’une personne de confiance qui connaît bien la situation.
Il n’y a pas un jour qui passe sans qu’ils me demandent "Maman, quand est-ce que tu reviens à la maison? ". Je ne peux rien leur promettre mais je sais que bientôt nous serons tous réunis. Pendant cette attente, je vous remercie de permettre qu’un membre de ma famille que j’aime et que j’apprécie, s’occupe de mes petits trésors.
Merci du plus profond de mon cœur,
Véronique Ferland



